Essai be ENDURO : GasGas 2018, la renaissance !

pour beenduro.com

De retour aux affaires après une période sombre l’ayant presque vu disparaitre, Gas Gas avait convié la presse dans son fief catalan afin de présenter son nouveau modèle enduro, revu de fond en combles, tel un phoenix renaissant de ses cendres.

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Après avoir été sauvée de la tourmente grâce à son rachat par le marque Torrot, Gas Gas était restée discrète pendant de longs mois. Une période mise à profit par le constructeur pour se remettre à la planche à dessin afin d’oeuvrer sur un nouveau modèle d’enduro, et répondre aux attentes du marché qui, les années aidant, tendait à délaisser les rouges catalanes. Baptisé « Phoenix Project », ce programme qui vise à une refonte totale de son fer de lance, fut présenté en avant première lors du dernier salon de la moto à Milan (EICMA).

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Présentation en novembre dernier du futur modèle enduro Gas Gas

Entièrement revue du châssis au moteur, en passant par son habillage plastique et ses composants, force est de constater que cette nouvelle mouture n’a plus rien à voir avec les millésimes antérieurs. Quelques mois après cette première présentation, la jeune équipe désormais à la tête de l’usine avait hâte d’enfin pouvoir présenter la version finale du projet. C’est au sein même de son usine géronaise que la marque avait choisi de lever le voile sur cette toute nouvelle moto, avant d’aller pouvoir la tester sur un terrain de jeu à quelques encablures de là, un évènement auquel beENDURO avait été convié.

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Présentation du nouveau modèle au sein même de la chaîne de production

Architecture réinventée

En repartant d’une feuille blanche, la marque catalane a souhaité proposer une moto alliant facilité d’utilisation, et fiabilité. Pour atteindre ces objectifs, la jeune équipe de développement a opté pour un cadre à colonne centrale, rendant la moto plus fine, plus agile et surtout beaucoup plus légère qu’auparavant.

En repartant d’une feuille blanche, la marque catalane a souhaité proposer une moto alliant facilité d’utilisation et fiabilité

Cette nouvelle géométrie, non sans rappeler certaines productions en provenance de Mattighofen, offre un profil général considérablement aminci et affiche désormais un poids dans la norme avec 105 kg sur la balance. Le nouveau réservoir translucide d’une contenance de 10l se voit logé de part et d’autre de la colonne centrale. Le démarreur électrique (de série), voit sa batterie logée sous la selle à côté du CDI, tous deux situés en partie supérieure de la boite à air qui s’est agrandie avec une ouverture rapide latérale. Citons également un ensemble bras oscillant et système de biellettes entièrement redessinés ayant permis de gagner en légèreté et fonctionnalité. Au niveau des composants qui équipent ces nouveaux modèles « EC », l’usine a une fois de plus choisi des équipements de premier plan, comme des jantes EXCEL, des systèmes de freins signés NISSIN, ou encore un embrayage hydraulique en provenance du constructeur MAGURA. A cet effet, l’un des changements des plus notoires, et non des moindres, se situe au niveau des suspensions qui, tant au niveau de la fourche que de l’amortisseur, sont équipées d’unités KAYABA, dont les réglages ont été développés en étroite collaboration avec le département « Recherche et Développement » de la marque japonaise.

Côté motorisation, Gas Gas présente une base moteur conservée de la génération précédente, mais avec une profonde révision dans sa partie supérieure avec un cylindre inédit présentant une toute nouvelle distribution (jeu de lumières), une nouvelle bielle et tête de cylindre, ainsi qu’un échappement et silencieux (FMF) spécialement développés pour cette dernière évolution. L’ensemble accueille un carburateur KEIHIN, et niveau refroidissement, de nouveaux radiateurs. Ces nouveaux blocs longuement testés et éprouvés affichent des rendements moteur en nette hausse, que ce soit dans les bas, milieux ou hauts régimes, nous assure l’usine graphique à l’appui.

EC 300 en fer de lance

Après avoir pu découvrir, et inspecté, la moto dans ses moindres détails lors de la visite matinale de la chaine de montage voyant naître les premiers exemplaires, tous les observateurs avaient hâte d’en découdre sur la piste. Nous avons alors pris la direction du terrain privé de Miki Arpa, pilote émérite espagnol ayant collaboré de manière étroite avec l’usine pour sa mise au point.

Sur place, une spéciale de type cross et un petit circuit en sous-bois nous attendaient pour enfin prendre la mesure des nouvelles rouges et blanches. Si ce modèle sera décliné en trois cylindrées différentes (200, 250 & 300 cm3), c’est uniquement à bord de son fer de lance, la EC 300 qu’il nous sera donné de prendre la piste, les autres cylindrées n’étant prévues en sortie d’usine qu’en seconde partie d’année (juillet pour la EC 250 et septembre pour la EC 200).

Une nouvelle donne

Une fois en selle sur notre monture du jour, l’impression de finesse est au rendez-vous. La selle offre un bon grip avec un profil longitudinal facilitant les déplacements. Même sentiment au niveau de son habillage plastique dont on apprécie la qualité d’assemblage avec un look assez réussi. On regrettera l’absence de « fentes » au niveau de l’arrière cadre pour pouvoir soulever l’arrière de la moto sans trop se salir les doigts. Les commandes tombent naturellement sous la main même si la mise en route en aura surpris plus d’un. En effet, le bouton starter électrique est installé du côté gauche du guidon et son coupe circuit à droite, un impératif propre à la réglementation EURO4, argue la marque.

Prendre ses marques à son guidon est très rapide tant la moto se montre facile et bien équilibrée

Une fois animé, le bloc 300 sonne de manière familière. Son paisible ronronnement caractéristique au ralenti nous confirme que l’on est bien en présence d’une Gas Gas. La première enclenchée, je m’élance alors avec prudence pour un premier tour de reconnaissance sur le circuit qui, suite à une pluie battante nous ayant précédé, présente une texture fort piégeuse. Malgré cela, prendre ses marques à son guidon est pour ainsi dire très rapide tant la moto se montre facile et bien équilibrée.

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Malgré un terrain délicat en début de séance, la moto s’est montré facile à prendre en main

D’emblée on apprécie la précision des commandes. L’ensemble NISSIN se montre particulièrement sûr et sans surprise, la nouvelle pédale du frein arrière est à cet effet idéalement profilée. Même si le parcours du jour ne permet pas de tester le nouveau bloc dans ses derniers retranchements comme sur une longue montée par exemple, force est de constater que la motorisation répond présent à tous les étages.

La nouvelle architecture de son cadre rend la moto bien plus agile tout en gardant ce côté stable et rassurant auquel Gas Gas nous a habitué

Si ce bloc a longtemps constitué la référence du segment, il se voit ici encore renforcé dans ses bas et moyens régimes tout en présentant une montée en puissance bien linéaire le rendant particulièrement facile. Sans pour autant procurer un surplus d’inertie auquel on pourrait s’attendre sur une telle cylindrée, la moto reste particulièrement facile à inscrire en courbe. Niveau partie cycle, cette impression de facilité se voit accentuée. La nouvelle architecture de son cadre rend la moto bien plus agile qu’avant tout en gardant ce côté stable et rassurant auquel Gas Gas nous avait habitué. Le compromis semble ici plus évident que par le passé. Le retour des rayons du soleil asséchant la piste au fil des passages, nous a permis d’augmenter le rythme progressivement, l’occasion pour mieux se rendre compte du comportement de l’ensemble KAYABA.

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L’ensemble fourche et amortisseur KAYABA met en confiance

Même si l’on aurait espéré pouvoir partir à l’aventure dans la nature environnante afin de mieux en appréhender le comportement général, ce nouveau couple fourche et amortisseur fait merveille. L’avant gomme les irrégularités du terrain très efficacement et se montre très rassurant. Les gros freinages ne souffrent d’aucune critique, on les enchaine avec une grande précision et l’arrière motrice idéalement.

Retour réussi

En signant son retour avec un modèle revu de A à Z, Gas Gas a pris le pari d’un renouveau. Après avoir pu effectuer ce premier galop d’essai, force est de constater que le pari est réussi. En renouvelant l’architecture de sa partie cycle pour gagner en légèreté et maniabilité, l’usine catalane est néanmoins parvenue à conserver l’ADN qui en avait fait son succès par le passé. Nul doute que ce modèle signera également le grand retour de Gas Gas dans les parcs fermés des enduro ou autres balades. Reste à savoir si la marque parviendra à effectuer ce même retour avec des modèles 4-temps, dont l’arrivée sur le marché n’est pour l’instant pas encore à l’ordre du jour.

Tarifs 2017 :

  • EC 300 : 8700 €
  • EC 250 : 8700 €
  • EC 200 : 8500 €

be ENDURO remercie Gas Gas Belgique et Dany Crosset pour l’invitation à cet essai en Espagne.

 

Crédit photos : beENDURO – Gas Gas Factory

pour beenduro.com