22.06.2015 Actualités, Article

VISISTE be ENDURO : BIENVENUE CHEZ AJP

pour beenduro.com

Invités par la marque et l’importateur Belge à venir visiter leurs installations situées à Lousada dans le nord du Portugal, nous décollions il y a quelques temps, direction Porto pour découvrir les dessous de ce petit constructeur Européen. 

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Véritable aventure humaine, la marque portugaise voit le jour en 1987 sous l’impulsion d’un homme, Antonio PINTO, profondément passionné par le développement et la conception de motos d’enduro. Au début aidé par son frère Jorge, d’où le nom AJP (pour Antonio Jorge Pinto), Antonio dirige maintenant seul les rênes de cette société qui, au fil des années, mène tranquillement son chemin sur le segment du tout-terrain. Si leurs productions restent encore assez méconnues dans nos contrées, AJP ne cesse de voir ses ventes croitre, et ce, de plus en plus au-delà de l’Europe. Avec une gamme construite autour de 3 architectures évolutives, PR3, PR4 et PR5, la marque tente de toujours rester flexible en proposant toutes les variantes possibles à son catalogue avec un leitmotiv en tête : construire et développer des motos faciles à piloter, aux tarifs les plus intéressants possible.

Une petite structure fière de ses racines

C’est par une belle matinée ensoleillée que nous atterrissons à Porto dans la partie nord du Portugal. Direction l’intérieur du pays pour arriver dans une petite zone industrielle, aux abords de la ville de Lousada. Antonio, qui y a installé les bureaux et ateliers de production de sa marque depuis une bonne dizaine d’années maintenant, est lui originaire de Penafiel à quelques kilomètres de là. Ville où il rêve d’un jour pouvoir y ré-établir le fief où tout a commencé. En arrivant face au batiment, on est loin d’imaginer qu’un constructeur motocycliste se niche à cet endroit. AJP occupe l’une des parties divisées en plusieurs lots égaux d’un grand complexe industriel.

Rejoint depuis quelques temps par Mario Figueiras en la qualité de directeur des ventes et marketing, Antonio compte actuellement à ses côtés une équipe de 15 personnes. Longtemps journaliste pour la presse motocycliste avant de passer de l’autre côté de la barrière (pour notamment travailler chez KTM Portugal), Mario nous accueille aux côtés d’Antonio pour cette visite.

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Pascal Gervais (importateur Belge) accompagné de Mario Figueiras et Antonio Pinto

Une Philosophie comme conviction

Véritable autodidacte, Antonio Pinto reçoit le goût du 2 roues via son père, qu’il a vu hélas disparaitre très tôt. Fort de ses participations en compétition lorsqu’il était adolescent, il n’a eu de cesse de vouloir améliorer les motos qu’il pilotait. Très vite, il réalise qu’au plus la moto qu’il pilote est facile à manoeuvrer, et présente une bonne traction, au mieux ses chronos se révèlent. Sans aucune connaissance poussée en mécanique, c’est sur le tas qu’il commençe à accumuler un savoir-faire en la matière. Son goût pour le développement et la conception de nouvelles solutions le pousse même au début des années 80 à proposer à Casal, qui était à l’époque le plus important constructeur de moto du Portugal, de modifier certains de leurs modèles pour la course. Sans pouvoir aboutir à un accord, il décide alors de construire sa propre moto. Dans un premier temps, c’est à travers la préparation de motos existantes qu’il fait son école, pour ensuite, dès 1987, concevoir sa propre moto sur base d’un bloc moteur 125 2-temps Casal. Il réalise cadre et partie cycle de A à Z selon ses propres critères. Cette année-là, il remporte sa catégorie dans le championnat portugais d’enduro avec sa moto, prouvant à tous que la réussite en course n’est pas la seule conséquence d’une puissance moteur mais d’un ensemble plus simple à emmener. L’histoire d’AJP pouvait alors se mettre en marche …

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Première AJP du nom, baptisée « ARIANA» en l’honneur de la fille d’Antonio née cette année là

Bien que la compétition ne soit pas l’objectif de la marque, loin de là, AJP a toujours cherché à y faire rouler ses productions. Etre présent sur une course permet de prouver qu’une machine fondamentalement facile à conduire peut faire aussi bien qu’une moto aux performances plus poussées, et parfois trop élitiste pour le pilote lambda. C’est également à travers ces tests grandeur nature que le constructeur a pu sans cesse tester et éprouver de nouvelles solutions pour constamment faire évoluer ses modèles. Chez AJP, où la volonté est de produire des motos répondant au slogan « 2easy2ride », tout a été étudié pour rendre la moto facile. Qu’il s’agisse de la géométrie du cadre, du bras oscillant ou encore de la répartition des masses, tout est toujours guidé par une même philosophie : une moto facile à rouler.

Un savoir-faire artisanal

Si beaucoup de constructeurs effectuent plutôt un rôle d’assembleur final, chez AJP, la volonté est véritablement de concevoir la presque totalité en interne, en usinant eux même la majorité des pièces utilisées sur leurs motos ou, en gardant une certaine proximité avec leurs fournisseurs directs. Exemple, les bras oscillants en aluminium de chacun des modèles, qui sont moulés sur base de plans internes par une société située aux environs de Braga (à quelques km au nord). Ceux-ci sont alors perforés au niveau des ancrages et polis chez AJP avant de pouvoir se retrouver sur la ligne de montage finale. Imaginées par Antonio et matérialisées par leur ingénieur en mécanique employé sur place, presque toutes les pièces qui composent une moto AJP ont donc été façonnées en interne.

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Fruit de l’imagination d’Antonio, le filtre à air fut développé en partenariat avec Twin-air

Antonio était particulièrement fier de nous montrer l’imprimante 3D utilisée pour l’élaboration ou l’amélioration de pièces existantes ainsi que dans la mise au point des moules devant être envoyés à leurs divers fournisseurs. Celle-ci représente en effet un précieux gain de temps et d’argent lorsqu’il s’agit de développer de nouvelles formes et mesurer leur viabilité. Actuellement principalement occupés à peaufiner leur prochain modèle à sortir, la PR7 (modèle de type trail, sur lequel nous reviendrons plus en détails), Antonio nous confiait que cette technologie leur avait permis de gagner un temps considérable pour avancer sur l’élaboration du modèle final.

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Cette technologie permet de gagner un temps considérable dans l’élaboration de nouvelles pièces

Plusieurs opérateurs, tous capables d’inter-changer leurs postes, se relayent alors aux différents ateliers présents dans l’espace d’usinage et façonnage pour produire les différentes parties constitutives des motos. Des parties métalliques de la pompe à essence (pour les modèles à injection) jusqu’aux coudes d’échappement, presque tout est produit chez eux de manière artisanale. L’aspect contrôle qualité est également un aspect primordial qui se retrouve à toutes les étapes du processus, la dernière inspection revenant aux monteurs sur la chaîne finale.

Des mécaniques simples et robustes

Niveau bloc moteur, AJP fait appel aux productions de l’un des plus grands constructeurs de moteurs 2 roues d’Asie, les chinois ZONGSHEN. Pour ses modèles PR3 et PR4, des blocs à simple arbre à cames de 125 à 240cc, copies des moteurs Honda XR sont adoptés par la marque. Ces moteurs, à la construction simple et à l’endurance prouvée, constituent avec leur alimentation par carburateur, des solutions économes et largement suffisantes pour le profil loisir auquel ces motos se destinent. Quant à son modèle PR5, aux prestations se voulant un peu plus proche des standards de la concurrence sur le segment enduro, AJP utilise le bloc 250 à refroidissement liquide du constructeur, plus performant, dont la conception initiale fut réalisée en Autriche.

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les moteurs 250 à refroidissement liquide presque prêts pour l’assemblage

Si ce moteur est à la base conçu pour fonctionner avec un carburateur, AJP l’équipe d’un système d’injection électronique où corps d’injecteur, boiter CDI et contrôle des gaz sont en provenance de chez DELPHI. C’est grâce à leur banc d’essai informatisé qu’ils mettent alors au point sa programmation. Lors de notre visite, Antonio et son équipe étaient en train de tester une nouvelle pompe à essence qu’ils pensent bientôt monter de série afin de répondre aux nouvelles normes de pollution dictées par l’Europe.

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Antonio, assisté de son technicien, teste leur nouvelle pompe à essence

Une chaîne de production flexible

Chez AJP, où il faut parfois devoir faire face à des demandes différentes d’un marché à l’autre, tout est fait pour se plier aux bons de commandes du moment. Avec leur fonctionnement en « just in time », ils sont capables d’assembler un modèle PR5, à la connectique plus complexe, au milieu d’une série de PR3 ou PR4. L’équipe des monteurs sait se montrer flexible et peut sortir jusqu’à 10 unités par jour à leur plus haute cadence (en PR3 et PR4). Le jour de notre passage 2 lots de motos étaient prêts à partir pour le Japon et le Brésil, des destinations de plus en plus fréquentes pour la marque qui ne cesse de voir ses ventes progresser au-delà de l’Europe et sur les marchés émergents.

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Deux monteurs se relayent pour assembler les motos en commande

PR7 : le nouveau défi d’AJP

Présentée sous la forme d’un prototype lors des derniers salons Moto Européens, non sans faire des émules dans la presse spécialisée, c’est devant son modèle toujours en construction, mais pas mal remanié depuis lors, qu’Antonio et Mario nous expliquaient ce nouveau projet.

Prototype PR7 tel que présenté lors des derniers salons Moto

Fidèle au concept de moto loisir auxquelles les autres modèles de PR répondent, cette PR7 emprunte la même philosophie. Visant à combler un manque sur le segment du trail, Antonio croit beaucoup au potentiel qu’offrira leur dernière production. Avec un marché tout-terrain en permanente croissance, AJP souhaite commercialiser une moto visant à proposer une alternative aux globe-trotteurs qui aiment de temps en temps sortir des sentiers battus. Le tout, grâce à une moto baroudeuse présentant toutes les qualités en terme maniabilité et plaisir de conduite, qu’il s’agisse d’une route ouverte ou d’un terrain plus difficile. Bien que le cadre épouse la même idée de base que ses autres gammes PR (avec des pièces en aluminium moulé épousant un ensemble berceau inférieur et colonne de direction en acier), ce dernier a été entièrement redessiné et présente des particularités propres aux trails. Citons notamment un réservoir d’huile astucieusement logé en son sein au niveau de la colonne de direction.

Adoptant la même idée de base que sur ses homologues PR, la PR7 se voudra aussi facile à piloter

Le réservoir sera également logé en partie centrale arrière et dédoublé pour offrir une contenance en parfaite adéquation avec la volonté de faire de cette moto le compagnon idéal pour les longs périples. Cette fois encore, la volonté est de rendre cette moto la plus facile possible à prendre en main, c’est pour cette raison que le poids final de la moto visera également à se limiter autant que faire se peut grâce à de nouveaux changements par rapport au premier prototype présenté. L’objectif est de commercialiser la moto pour moins de 10,000 €, et ce, dès la mi 2016. Nous n’en dirons pas plus à ce stade, Antonio et Mario souhaitant garder l’exclusivité pour un prochain salon.

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Pascal Gervais, l’importateur pour la Belgique, en pleine discussion avec Antonio sur le prochain modèle à sortir

Lorsque nous lui demandions comment il envisageait l’avenir de la marque (dont il partage désormais l’actionnariat avec une société d’investissement), Antonio nous confiait qu’il ne poussera jamais ses enfants à reprendre, car si il est fier de là où il est arrivé, il reconnaît que l’investissement personnel et les difficultés parfois rencontrées en cours de chemin rendent la tâche particulièrement difficile. Mais conscient que rien n’est jamais facile de nos jours, Antonio reste guidé par la même passion, créer de nouvelles choses représente pour lui la force de motivation dont il a besoin pour continuer à avancer.

A l’heure de quitter nos hôtes et de faire le bilan de notre visite, il est rassurant de constater que si certaines marques tout-terrain disparaissent, d’autres comme AJP s’affirment de plus en plus. Grâce à une offre leur ayant permis de diversifier le marché ils proposent des alternatives de choix à des tarifs bien contenus. Une stratégie qui leur permet d’envisager l’avenir avec confiance.

be ENDURO remercie Antonio Pinto et Mario Figueiras pour cette enrichissante visite et leur très bel accueil sous le soleil Portugais. Merci également à la personne qui est à l’initiative de cette rencontre, Pascal Gervais, importateur belge de la marque.

Toutes les informations sur la marque AJP sur le site de l’importateur belge : http://www.ajpmotos.be

Contact: pascal@ajpmotos.be

pour beenduro.com